Investir en fonction des problèmes climatiques

Posté le 22 août 2014

L’année 2014 n’aura pas été avare en problèmes climatiques : saisons décalées, inondations ou sécheresses, hiver trop clément ou gelées tardives, peu d’endroits ont échappés à l’une ou l’autre de ces situations. En conséquence, les récoltes sont largement perturbées, les marchés s’en ressentent et ce n’est certainement pas la crise en Ukraine et les restrictions commerciales attenantes qui aideront à calmer les choses. Pour les spéculateurs portés sur ces produits alimentaires, il y a certainement des affaires à faire, mais cela ne sera pas sans risques…

Le Nutella bientôt plus cher ?

Le cas de la noisette est le plus simple : la récolte 2014 est désastreuse. Les conditions climatiques ont ravagés les cultures, principalement en Turquie qui en est le premier producteur mondial avec 70% du marché, et les agriculteurs spécialisés prédisent une baisse significative de la récolte. Le prix s’en ressent déjà fortement puisqu’il est passé à la bourse de Londres de 4880€ à pas moins de 7900€ soit une hausse de 60% la tonne. Un record.
Et un coup dur pour son principal utilisateur au niveau mondial, ‘Ferrero’, qui utilise en masse ce produit pour ses deux produits phares : le Ferrero rocher et, surtout, le Nutella (dont l’entreprise Ferrero produit quand même quelques 356.000 tonnes par an). Tablez sur une hausse de prix de ces produits en magasin et une volatilité accrue du titre de l’entreprise elle-même.

Le cacao en ligne de mire

Comme un malheur ne vient jamais seul, le cacao pourrait voir également a vu son prix grimper en bourse de 14% depuis le début de l’année. Toujours en cause, de mauvaises récoltes de ces produits alimentaires dues aux aléas climatiques alliés, dans le cas du cacao, à une demande en hausse principalement venant des nouvelles classes moyennes en Inde, Chine et au Brésil. Premières victimes, les consommateurs nord-américains friands des produits du groupe ‘Mars’ puisque pour ces produits, les prix ont déjà augmenté en moyenne de 7%.
D’une manière similaire, les prix sur les marchés boursiers sont volatiles pour des denrées comme le soja, le maïs, le café et les amandes. La récolte de ces dernières étant particulièrement touchée par une sécheresse d’ampleur historique en Californie. A l’inverse, les fortes pluies de juillet dans certaines parties de l’Europe ont été néfastes à la qualité du blé, ce qui se ressentira également sur les cours.
En conclusion, le secteur alimentaire se voit mis sous pression tant via des facteurs naturels que géopolitiques, on peut donc s’attendre à de fortes fluctuations des cours des denrées alimentaires de base voire à la naissance de bulles spéculatives autour des plus prisés.