Jean-Pierre Danthine n’est pas BNS

Posté le 21 janvier 2015

Alors que le vice-président de la BNS confirme le maintien de la politique monétaire basée sur le taux plancher, la banque centrale a décidé d’abandonner cette politique à peine 70 heures plus tard.

Tout a commencé lorsque le N° 2 de la Banque Nationale suisse (BNS) a fait une déclaration sur RTSI lors d’une interview, lundi 12 janvier 2015, selon laquelle le plancher reste la base de la politique monétaire. On imagine alors la stupeur des traders, lorsqu’à peine 70 heures après cette déclaration, la BNS décide de mettre fin au taux de plancher entre le franc suisse et l’euro. Si cette décision a augmenté la valeur du franc suisse face à l’euro, la bourse suisse n’a pas pris une tendance identique. Pire encore, elle a enregistré une chute vertigineuse. Une situation qui a suscité une incompréhension totale chez les analystes.

 

Pourquoi ces propos contradictoires ?

Patrick Fischer nous amène à comprendre les parties cachées de cette interview. Le journaliste nous rapporte, Jean-Pierre Danthine n’a pas menti malgré ses propos prouvent le contraire. Selon Richard Olsen, expert en devises, le N° 2 de la BNS ne pouvait pas faire autrement. En tant qu’un haut responsable de la banque centrale, il est tenu dans l’obligation de défendre la politique monétaire en vigueur. Un moindre signe d’hésitation de sa part aurait éveillé des soupçons. Ce qui aurait pu inciter les traders à réaliser des opérations boursières qui auraient fait perdre beaucoup d’argent à la BNS.

Le porte-parole de la banque centrale suisse a également expliqué qu’une telle décision monétaire ne s’annonce pas avant sa publication officielle. Pour donner la raison du maintien de l’interview, le porte-parole revoit la responsabilité dans la communication interne de la BNS. Au micro de Temps, le président de la BNS confirme l’impossibilité de changer la communication avant la publication de la décision.

 

Une décision condamnée par les traders

Le cofondateur d’Investir.ch, Thomas Veillet, est loin d’être de cet avis. Selon lui, Jean-Pierre n’aurait tout simplement pas dû se rendre sur le plateau télé ce soir-là. À lui d’ajouter qu’une telle mauvaise fois de communication ne pourra que porter atteinte à la crédibilité de la BNS.