Une nouvelle bulle spéculative à la Silicon Valley ?

Posté le 14 août 2014

Les rachats de sociétés par certains géants des technologies se succèdent et les chiffres peuvent faire tourner la tête. On s’interroge également sur la valeur ajoutée à terme de ces sociétés. Alors, on peut légitimement se poser la question : est-on témoin de l’émergence d’une nouvelle bulle spéculative centrée sur les technologies, une bulle similaire à celle qui éclata fin des années ’90, ou voit-on là les prémisses de changements à venir dans ce secteur de pointe ?
Du coté de la Silicon Valley, on se veut rassurant, comment pourrait-il en être autrement…

Palmarès des achats 2014

Les chiffres sont pourtant mirobolants : WhatsApp racheté par Facebook pour 19 milliards de dollars ; Snapchat qui serait déjà valorisé à quelques 10 milliards, alors que cette application ne génère aucun revenu ; Yo, l’application qui ne sert qu’a envoyer le court message ‘Yo’ à ses amis est valorisée à 10 millions ; Secret, un réseau qui permet de partager des informations de manière anonyme, est valorisé à 100 millions et vient d’en emprunter 35… Et on ne parle même pas des sociétés en plein boom international, comme Uber ou Airbnb.
Hors catégorie, on notera également le rachat de Nokia par Microsoft pour un montant de 5,4 milliards d’euros.

Un monde de start-up

Le développement rapide des smartphones et des tablettes a dopé un univers technologique qui, il est vrai, se remettait doucement du crash de la bulle spéculative des années ’90. Depuis, on a vu l’émergence de milliers de start-up liées aux écosystèmes des applications IOS, Androïd ou autres. Des compagnies proposant des produits très diversifiés, allant du sérieux au loufoque ; des sociétés connaissant des succès foudroyants, comme Zynga avec son jeu Farmville.
Et puis les conditions qui régissent le monde des technologies sont actuellement bien différentes d’il y a 15 ans. Actuellement, l’accès à la Bourse est nettement mieux maitrisé, la plupart des compagnies attendant d’être stabilisées et consolidées avant de se lancer sur les marchés financiers. Celles qui y accèdent ont en général déjà fait leurs preuves. Signe qui ne trompe pas, de nombreux fonds d’investissements n’hésitent pas à investir dans ces sociétés, alors que beaucoup ne génèrent encore que peu voire pas de revenus.
Reste un talon d’Achille, commun à beaucoup d’entre elles : liées fortement aux écosystèmes des mobiles, elles en sont également dépendantes. Un risque d’effondrement en cascade existe bien, même si la taille actuelle des sociétés locomotives, ces géants nommés Apple, Google ou Facebook, est devenu telle que les risques sont, à ce niveau, très limités.
Pour l’investisseur, il faudra être à même de trier le bon grain de l’ivraie et savoir identifier la société proposant un produit ou service novateur, viable, potentiellement rentable ou, simplement, utile au développement d’un des géants déjà cités… tout en ne se laissant pas berner pas de fausses promesses. Un conseil, vu le nombre de participants à cette nouvelle ruée vers l’or : évitez donc les « penny stocks » dans ce domaine.